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JEAN PAUL HUCHON (PHOTO TIRéE DE WWW.ARF.ASSO.FR) INTERVIEW EXCLUSIVE DE JEAN PAUL HUCHON, PRéSIDENT (PS) DE LA RéGION ILE-DE-FRANCE








J'ai l'impression que mr. Larcher n'a pas facilité la vie à ses amis de l'UMP. C'est quand même une entreprise qui est essentielle dans les Yvelines. (à propos du site Sanofi Aventis de Porcheville) - Maxence WADOUX (Yvelines Radio).


JEAN PAUL HUCHON (PHOTO TIRéE DE WWW.ARF.ASSO.FR)Nous sommes allés à la rencontre de Jean Paul Huchon, président (PS) de la région Ile-de-France.
Nous avons évoqué la réforme des collectivités locales, qui a été adopté dans la nuit du mercredi 7 au jeudi 8 juillet 2010. Une réforme qui a tout de même été amputée de deux articles. Mais surtout nous sommes revenus sur l'évolution du site Sanofi Aventis de Porcheville.

Maxence Wadoux : La réforme des collectivités locales a été stoppée au Sénat (ndlr : deux des principaux articles de la réforme ont été rejetés : le mode d'élection du futur conseiller territorial et la nouvelle répartition des compétences des collectivités), qu'en pensez-vous ?

Jean Paul Huchon : J'ai l'impression que mr. Larcher (ndlr : UMP, Président du Sénat) n'a pas facilité la vie à ses amis de l'UMP. Les centristes tenaient beaucoup à la proportionnelle, à un autre mode de scrutin. Donc de ce fait ils ont bloqué la réforme. Je pense que c'est bien qu'elle soit aujourd'hui remise à plat, qu'elle soit remise en chantier. Cette histoire de conseiller territorial et d'élection au scrutin uninominal n'avait pas de sens. Le conseiller territorial ne sait pas ce qu'il aura à faire, est-ce qu'il sera régionale, départemental ? Personne n'en sait rien et le plus probable, c'est que ça conduira à une espèce de cantonalisation de la vie régionale. On aura moins de grandes politiques globales cohérentes et plus de petits problèmes de caractère local.

MW : Est-ce selon vous une victoire pour la démocratie dans la mesure ou le texte à été accusé par certains d'être passé en force à l'Assemblée ?

JPH : Oui bien sur je pense que, comme sur d'autres sujets notamment le grand Paris, le Sénat ou l'Assemblée ont corrigé des choses, de manière à ce qu'il y ait une certaine concertation, une écoute des collectivités locales. Par exemple la loi sur les compétences semble remise a beaucoup plus loin. J'ai bon espoir qu'on arrive à maintenir la compétence générale des collectivités locales, régions et départements.

MW : Nous allons revenir sur un sujet un peu plus local. Le 30 juillet dernier le groupe Sanofi Aventis annonçait des négociations très avancées avec le groupe Covance en vue de la reprise du site de Porcheville. Comment vous placez-vous sur ce dossier ?

JPH : Nous sommes allés sur place. Je me suis déplacé, j'ai vu les salariés. Ils avaient un plan de reprise et un plan de développement différent. On l'a exploré avec la direction qui n'a d'ailleurs pas dit non ce jour là. Depuis j'ai l'impression qu'ils ont pris des dispositions qui vont conduire à une reprise dans des conditions très difficiles pour les salariés. Donc nous allons continuer à être à l'appui des salariés. On ne peut que condamner ces méthodes qui aboutissent à casser un outil de travail vraiment remarquable. C'est quand même une entreprise de très grande qualité, avec une rentabilité qui n'est pas si mauvaise. Encore une fois les salariés ont ce sentiment, qui probablement les décourage au plan politique, que les décisions sont prises ailleurs et dans des conditions qui ne sont connues de personne.

MW : Le même jour Sanofi Aventis a annoncé le rachat d'une entreprise américaine (Targegen) pour près de 460 millions de dollars.

JPH : C'est toujours pareil, c'est cette espèce d'absence de participation des salariés à la gestion de l'entreprise. Ce n'est pas une forme de délocalisation puisqu'on ne peut pas parler de délocalisation pour les États-Unis. C'est une politique de puissance et d'achat de hautes entreprises sans vouloir nourrir l'entreprise elle même de l'intérieur. C'est condamnable, un jour ou l'autre ça se paye. Il peut y avoir des erreurs et de mauvais résultats en Amérique et alors on sera bien content de retrouver l'entreprise en France.

MW : L'entreprise a appelé les salariés à négocier directement avec Covance pour les accords collectifs. Elle va, quant à elle, négocier en septembre car les salariés souhaitent qu'elle compense les pertes de statut. Vous serez plutôt du côté des salariés ?

JPH : Oui bien sur, on est en contact par Benoit Hamon. Il faut qu'on revienne voir les salariés et qu'on leur demande de quel type d'appui ils ont besoin. Nous avons, à la région, des moyens de reconversion et des cabinets extérieurs qui aident à replacer les gens. Il faut qu'ils soient en mesure de nous demander cette aide, bien entendu nous serons à leur côté. C'est quand même une entreprise qui est essentielle dans les Yvelines. On a essayé de mettre en place un plan de reprise à la fois accepté par les salariés et les patrons. C'est un peu le rôle de la région d'être une sorte de go between, j'espère qu'on pourra le faire.

MW : Cette situation est au delà du clivage gauche/droite, Mme. Pécresse s'est elle aussi rendu sur le site et a apporté son soutient.

JPH : Ça s'est passé pendant la campagne électorale (ndlr : les élections régionales de 2010). Le problème c'est qu'en matière d'emplois, par rapport aux entreprises qui licencient ou qui se comportent mal vis à vis des salariés, le pouvoir de sanction appartient au gouvernement. Il faut que Mme Pécresse, si elle a d'excellentes intentions, les matérialisent avec ses amis du gouvernement.
Interviewé(e)(s) : JEAN PAUL HUCHON, PRéSIDENT (PS) DE LA RéGION ILE-DE-FRANCE, LE VENDREDI 9 JUILLET à RAMBOUILLET.

Rédigé le 19-07-2010 à 19-07-2010 par Maxence WADOUX (Yvelines Radio).
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